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La tontine
 

UNE TECHNIQUE MÉCONNUE

Vieux de plusieurs siècles, le système de la tontine est aujourd'hui méconnu. Mais il peut présenter quelques avantages dans certaines situations spécifiques.

Du nom de son inventeur, le banquier italien Lorenzo Tonti, la 'tontine' est une technique patrimoniale aussi ancienne que méconnue. Dans certaines situations, elle présente pourtant des avantages intéressants et connaît aujourd'hui un regain d'intérêt.

Principes généraux

La tontine, ou 'clause d'accroissement", intervient quand plusieurs personnes achètent un même bien, meuble ou immeuble, en commun. Insérée dans le contrat, elle prévoit que ce bien reviendra en pleine propriété au dernier des survivants, après le décès de tous les autres co-acquéreurs.

Sur le plan juridique, la situation est plus subtile. Les co-acquéreurs ne sont pas véritablement copropriétaires du bien. En fait, chaque acheteur est supposé seul propriétaire du bien sous la condition qu'il soit le seul survivant. En d'autres termes, le survivant est supposé avoir été seul propriétaire du bien depuis le jour de l'acquisition et ses co-acquéreurs, décédés avant lui, sont supposés n'avoir jamais possédé réellement ce bien.

Le pacte tontinier est assimilé donc à un contrat aléatoire (lié aux chances de survie) conclu à titre onéreux. Attention : pour conserver le caractère aléatoire, les chances de survie doivent être équivalentes. La validité de la clause peut être remise en cause si l'espérance de vie d'un des co-acquéreurs est très limitée ou s'il a financé en fait la totalité de l'acquisition. On évitera donc les tontines entre parents et enfants mineurs étant donné la grande différence d'âge.

Les avantages successoraux

Cet 'artifice' juridique a une conséquence importante : le bien est censé n'avoir jamais fait partie du patrimoine du défunt. Il n'y a pas transmission entre le défunt et le survivant. Ne faisant pas partie de sa succession, le bien échappe ainsi aux règles de la réserve héréditaire et des libéral libéralités.

Il permet donc de transmettre un bien au-delà de la quotité disponible, de la même manière, par exemple, qu'un bien vendu en viager.

Exemple schématique : M. Martin, célibataire, a un enfant, qui doit donc recevoir au minimum la moitié des biens de son père en héritage.
A son décès, M. Martin possède un portefeuille de 500 KF et la moitié d'un logement d'un valeur de 2 MF, acheté en commun ave Mlle Dupont. La réserve héréditaire de Martin junior s'élève donc à la moiti de 1,5 MF, soit 750 KF. Si le logement a été acheté en tontine, c'est Mlle Dupond qui en récupère la totalité. La succession de M. Martin ne porte que sur un portefeuille de 500 KF. Et il peut prévoir d'en léguer la moitié à une tierce personne. La réserve héréditaire de son fils est ainsi réduite à 250 KF.

On constate donc que la tontine es un moyen efficace d'assurer l'avenir du conjoint survivant. Surtout en cas de concubinage puisque les couples mariés disposent d'autres moyens par le biais des donations ou des avantages matrimoniaux.

Il faut toutefois noter que les héritiers lésés pourraient engager une action en justice s'ils prouvent que le pacte tontinier a été conclu dans le seul but de les priver de leur réserve héréditaire Un risque à prendre en compte, notamment en présence d'enfants d'un premier mariage.

Les règles fiscales

Le pacte tontinier est assimilé à un contrat aléatoire conclu à titre onéreux Les parts transmises au survivant devraient donc être soumises au régime des droits de mutation à titre onéreux beaucoup moins élevés que les droit de succession.

Pour éviter toute tentation d'évasion fiscale aux contribuables trop astucieux l'administration a soumis la tontine, en 1980, aux règles fiscales des successions .  Bien que le bien ne fasse pas juridiquement parti de la succession du défunt, le survivant devra donc payer des droits sur la part recueillie, calculés selon le degré de parenté et la valeur de la part. Et ces droits sont perçus à chaque décès.

Exemple schématique. Dupont, Martin et Durand achètent un bien d'une valeur de 3 MF, à parts égales, avec une clause de tontine. Supposons que la valeur du bien reste constante. Au décès de Durand, Dupont et Martin recueillent chacun 500 KF, sur lesquels ils paieront les droits de succession entre tiers. Au décès de Martin, Dupont recueille sa part, soit 1,5 MF, et paiera donc les droits sur ce montant.

Conclusion : la tontine classique ne présente pas vraiment d'intérêt sur le plan fiscal.

Il existe toutefois une exception aux principes ci-dessus. Quand le bien constitue la résidence principale des personnes concernées au moment du décès, le survivant ne paie que les droits de mutation à titre onéreux (beaucoup moins élevés). Condition exigée : la valeur du bien ne doit pas dépasser 500 000 F. Or La soumission aux droits de succession ne concerne que les clauses tontinières insérées dans les contrats d'acquisition  en commun.

Certains praticiens conseillent donc, avec prudence, d'insérer la clause tontinière dans les statuts d'une société civile immobilière qui possède elle-même le bien concerné Avec une précaution supplémentaire prévoir que certaines parts demeurent hors du pacte tontinier. Le survivant récupère donc la quasi-totalité des parts en payant seulement les droits d'enregistrement de 4,80% prévus pour les titres de SCI. Une technique à manier avec prudence en raison des risques d'abus de droit si la SCI n'a été constituée que dans un but uniquement fiscal. Mieux vaut donc s'adresser à un professionnel pour ce type de "montage'

 

Ne vous fiez pas à son apparence désuète, un tantinet "ringarde"… Derrière cette pratique, fort ancienne en France, coutumière en Asie et en Afrique, se cache un système d’épargne mutuelle des plus rentables ! Ainsi la tontine 2002 Le Conservateur affiche à liquidation 8,15 % de rendement annuel net moyen*.

 

A Douala au Cameroun comme dans le quartier chinois de Paris, on pratique une tontine coutumière et informelle, c'est bien connu. Mais savez-vous que cette pratique de "petite collecte entre amis" existe formellement chez nous depuis 1653. Elle a alors été initiée par un banquier italien (Lorenzo Tonti) qui agissait pour le compte de Mazarin, l'intérêt de l'Etat et celui de la royauté alors à court de fonds (déjà !).

Un peu plus tard, en 1844, le général Riffault, convaincu de la pertinence de ce système d'épargne, crée les "Associations mutuelles Le Conservateur". Leur mission : tontiner !

Bien lui en a pris, la mutuelle est aujourd'hui complétée par Les Assurances Mutuelles Le Conservateur, une compagnie d'assurances vie et de Conservateur Finance, pour des produits financiers à court ou moyen terme. Ce groupe indépendant pèse aujourd'hui 2,5 millions d'euros et annonce *8,15 % de rendement net annuel moyen sur 20 ans pour sa tontine 2002.

Bravo la tontine, donc, dans un marché plutôt groggy après les récents passages à tabac des dernières tempêtes boursières

Mais qu’est-ce donc que la tontine ?

Quand on parle de tontine en France, sachez que l'on parle presque exclusivement de celle du groupe Le Conservateur, qui représente environ 75 % du marché. La Mondiale et Axa se disputant le reste du gâteau…

Petite leçon de vocabulaire au préalable, sachez que la tontine n'est pas un produit (financier) mais un système d’épargne, qu'on ne dit pas un souscripteur mais un adhérent, qu'on ne parle pas d'un assuré mais d'un sociétaire, esprit mutualiste oblige !

Sachez enfin que la tontine est le seul système d'épargne dont on trouve la définition dans n'importe quel dictionnaire : "Une association collective d’épargnants qui mettent en commun des fonds pour une période librement déterminée." A la clé, plus de force et moins de risques pour les participants.

Formellement le système fonctionne de la façon suivante : chaque 1er janvier, une association est créée pour une durée de 20 années. Ainsi, cette année, l'association de la tontine 2002-2022 a été crée au 1er janvier 2002. Chaque 31 décembre, une autre association est dissoute ; 20 tontines cohabitent ainsi en permanence, bon an mal an...

A chaque dissolution, la tirelire est cassée et les titres sont vendus dans un délai statutaire de 6 mois sur les différents marchés financiers. Au 30 juin courant, chaque sociétaire survivant perçoit sa quote-part.

Une distribution au prorata de l'âge : les sociétaires plus âgés, dont par définition l’espérance de vie est plus courte, perçoivent un véritable bonus : entre deux souscripteurs âgés de 45 et 50 ans, l’écart de rendement pour une même durée est de l’ordre de 1 point. Attention néanmoins : l’âge limite de souscription est fixé à 70 ans.

Avantage à l’âge donc, une fois n’est pas coutume ! Deplus, selon Karim Karbache, directeur de communication du groupe Le Conservateur, "il est démontré que l'espérance de vie des tontiniers est supérieure à la moyenne". Décidément une des vertus des placements viagers !

 

Quand les contraintes tournent à l’avantage

 

Si le sociétaire décède avant l'échéance de la tontine, une garantie est prévue par Le Conservateur qui prend automatiquement le relais par un mécanisme de contre-assurance, reversant leur quote-part aux héritiers. L'épargne est ainsi protégée, comme les autres sociétaires d'ailleurs, puisque les sommes investies restent intégralement dans la tontine. Le principe et la rentabilité de la tontine sont préservés.

Autre particularité de ce système, et toujours dans l'esprit de préserver la communauté, les fonds sont bloqués pour la durée de l’adhésion. Celle-ci varie entre 10 et 20 ans. Par exemple, pour une adhésion à horizon 15 ans, on adhère la 5e année d'une tontine en cours. On s'y inscrit pour une durée minimum de dix ans.
C'est cette permanence des fonds qui garantit la rentabilité de la tontine, les placements pouvant être optimisés avec plus de liberté selon les opportunités de marché.

Le placement des fonds évolue sur toute la durée de vie de la tontine, au gré d'un arbitrage dans le temps vers des valeurs de plus en plus monétaires. "Aujourd'hui, celles qui sont proches de la liquidation sont préservées du krach boursier, car elle sont très peu exposées en actions, voire plus du tout !" précise K. Karbache. elle bénéficient également de l'érosion de l'inflation...

Il est impossible de récupérer les fonds avant l'échéance de la tontine. A ceux qui souhaiteraient disposer d'argent frais. Le Conservateur propose des prêts à des taux avantageux, puisque nantis sur l'engagement tontinier. On constate en moyenne 7,91 % d’intérêt sur un crédit moyen de 7788 euros.

 

Côté fiscalité ?

"Celle de l’assurance vie (7,5 % au-delà des abattements habituels (4600 euros et 9200 euros selon que l’on est célibataire ou marié) s'applique strictement", annonce Le Conservateur.

L'exonération est totale dans le cadre du PEP, puisque la tontine est éligible au PEP (10 ans mini).

Enfin, plus exceptionnel, les sommes investies sur une tontine échappent à l'ISF pour les versements effectués avant 70 ans.

Coté rendement

Là où les assurances vie sur une période identique approchent les 5 ou 5,5 % de rendement
la tontine fait très fort puisqu'elle a un rendement annuel moyen sur 20 ans de 8,15 % (même exemple que plus haut), ce qui donne, après correction de l'érosion inflationniste, un différentiel de pouvoir d'achat net et annuel de 5,00 % sur sa durée.

 

Qui peut devenir Tontinier ?

 

"Tout le monde", répondit la tontine!

Le Conservateur a profilé trois types de tontines pour répondre aux différentes attentes des épargnants.

Une tontine "junior", destinée aux jeunes parents soucieux de constituer un capital pour les études de leurs enfants par exemple.

Une tontine "retraite", pour les 40-50 ans qui veulent percevoir, le moment venu, un capital complémentaire. Par exemple, une tontine de 2000 euros par an sur une durée de 20 ans, souscrite à 45 ans, en 1982, a généré à échéance un capital de 100 800 euros !"

Autre exemple, le cas de René : "J’ai 55 ans, je serais à la retraite à 65 ans. J’ai adhéré pour 10 ans à l’association tontinière 1992-2012 pour 10 ans."

Et enfin, une tontine "senior", intergénérationnelle celle-là, qui permet aux grands-parents de transmettre un patrimoine à un ou plusieurs petits-enfants en décidant précisément de l'âge et de l’époque auxquels cette somme leur sera remise.

En conclusion, vous pouvez souscrire à une tontine de 20 ans pour la durée que vous souhaitez, entre 10 et 20 ans (la durée moyenne est de 17,5 ans), le montant que vous souhaitez (la plus petite cotisation est de 50 euros par mois !), que vous réglerez en une fois, ou au rythme que vous déciderez (annuel, mensuel…) mais qui sera définitif, vous pouvez désigner plusieurs bénéficiaires, et enfin, vous pouvez souscrire à autant de tontines que vous le souhaitez !

 

 

 







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