Dispositif
Dans la mesure où l'hébergement concerné est considéré
selon les termes de la loi comme étant une résidence de
tourisme classée voire une résidence avec quatre services,
ce dernier est assujetti à la TVA. Par voie de conséquence,
l'investisseur peut en demander le remboursement, ce qui
diminue d'autant son coût d'acquisition.
Définition
C'est l'arrêté du 14 février 1986 qui a défini les
résidences de tourisme.
Ce dernier précise qu'une telle résidence doit être
considérée comme un hébergement commercial classé, faisant
l'objet d'une exploitation soit permanente, soit
saisonnière.
Elle est constituée d'un ensemble homogène de chambres ou
d'appartements meublés, disposés en unités collectives ou
pavillonnaires. Cette résidence doit avoir la capacité d'au
moins cent lits, loués à la journée, à la semaine ou au
mois, à une clientèle touristique qui n'y élit pas domicile.
Elle est dotée d'un minimum d'équipements et de services
communs. Certaines de ces résidences proposent, en outre,
divers services à la carte de nature para hôtelière.
Dans tous les cas, la résidence de tourisme doit être
gérée par une seule personne physique ou morale. Elle peut
être placée sous le statut de la copropriété des immeubles
bâtis.
Quant au « classement », la décision est prise par le
préfet après avis de la commission départementale d'action
touristique.
De plus, l'exploitant doit souscrire un engagement de
promotion touristique à l'étranger dans les conditions
fixées par les articles 176 à 178 de l'annexe XI au CGI.
Quant aux autres résidences ne s'adressant pas
spécifiquement à une clientèle de touristes, elles sont
tenues (pour être considérées comme telles et donc
bénéficier d'allégements fiscaux) de proposer les quatre
services à la carte déjà précités.
Avantage fiscal
Depuis le 1er janvier 1991, les locations occasionnelles,
permanentes ou saisonnières de logements meublés ou garnis à
usage d'habitation sont exonérées de TVA.
Cela empêche ipso facto les propriétaires de récupérer
cette TVA sur le prix d'acquisition. Toutefois, les
résidences de tourisme classées et les résidences avec
services conservent la possibilité de récupérer
immédiatement la TVA sur le prix d'acquisition.
La doctrine administrative a été hésitante pour les
autres résidences avec services jusqu'à une réponse
ministérielle de novembre 1992 (réponse Thomas, JO-AN du 9
novembre 1992, p. 5103) qui reconnaît le montage financier
des autres résidences avec services et les assimile
pratiquement aux résidences de tourisme à condition qu'elles
proposent les fameux quatre services de base.
La récupération de la TVA est possible pour tout
particulier
- qu'il soit loueur en meublé professionnel ou non
professionnel
- qu'il achète meublé ou nu, à la condition expresse
qu'il loue par bail commercial de neuf ans au minimum
(dans la pratique les baux conclus sont plutôt de onze
ans) à un exploitant qui louera meublé dans une résidence
de tourisme classée ou dans un autre établissement
proposant, en plus de l'hébergement, les quatre services
mentionnés.
Limite de remboursement de TVA
Depuis que la France applique la directive européenne sur
la TVA immobilière, la durée d'amortissement de cette TVA
est passée de dix à vingt ans pour les résidences dont le
permis de construire est postérieur au 31 décembre 1995.
Cette disposition entraîne la restitution au fisc de la
TVA non amortie en cas de revente avant vingt ans. Celle-ci
est calculée au prorata du nombre d'années restant à courir.
Autrement dit, mieux vaut prévoir une revente sur le très
long terme, après vingt ans si possible, pour ne pas perdre
une partie de l'avantage fiscal.
Imputation des charges
Les revenus locatifs tirés de la location d'une résidence
de tourisme ou avec services sont imposés dans la catégorie
des BIC. A ce titre, le contribuable peut opter pour
différents régimes fiscaux dont le réel simplifié. Ce
dernier lui permet de déduire les frais généraux (frais de
gestion, impôts locaux, frais d'acquisition, intérêts
d'emprunts, travaux d'entretien ou de remise en état) de la
manière suivante
- s'il est loueur en meublé non professionnel, les
déficits éventuels sont reportables sur les résultats
bénéficiaires de même nature et, ce, pendant les cinq
années suivantes;
- s'il est loueur en meublé professionnel, les déficits
occasionnés sont alors imputables sur les revenus globaux.
En revanche, même soumis aux BIC, seul l'amortissement
linéaire est permis. L'amortissement dégressif est prohibé.
Compatibilité avec d'autres statuts
Il n'existe aucune
incompatibilité particulière entre le dispositif Besson et
l'assujettissement à la TVA des résidences avec services.
Toutefois, le législateur a tenu
à préciser qu'il ne pouvait s'agir que de logements loués
nus en résidence principale directement par le propriétaire.
Dans la pratique sont ainsi
visées essentiellement les MAPAD et les résidences pour
étudiants. L'investisseur peut opter ou non pour le régime
du loueur en meublé professionnel ou non qui est lui aussi
assorti d'avantages fiscaux performants.
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