Les propriétaires d'immeubles classés monuments
historiques ou inscrits à l'inventaire supplémentaire des
monuments historiques bénéficient d'un régime fiscal
spécifique qui s'avère particulièrement intéressant dès lors
qu'ils entreprennent des travaux de rénovation.
C'est une façon astucieuse pour l'Etat de participer à la
sauvegarde de notre patrimoine national.
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Avantage fiscal
L'avantage fiscal se traduit par la
possibilité d'imputer les déficits fonciers sur les revenus
globaux. Toutefois, pour déterminer exactement ce qui peut
être imputé sur le revenu global, il convient de distinguer
trois cas de figures possibles.
Le régime fiscal diffère selon ces trois
cas de figures.
Le bien ne génère aucune recette
Qu'il soit ou non ouvert à la visite,
occupé ou non par son propriétaire, s'il ne génère aucune
recette, les charges foncières qui le concernent sont
déductibles du revenu global.
Il s'agit notamment
- des cotisations de strict entretien
versées à l'administration des Affaires culturelles
- de la totalité des dépenses de travaux
de réparation ou d'entretien effectués par le propriétaire
ou à sa charge (diminués d'une éventuelle subvention de l'Etat
ou de la participation de celui-ci à des travaux qu'il
décide lui-même d'effectuer)
- de la totalité de toutes les autres
charges foncières retenues dans le régime de droit commun
et susceptible d'être déductibles du revenu global mais,
toutefois, pour une proportion différente selon que le
bien est ouvert ou non à la visite.
La déduction est ainsi égale à
- 100 % si l'immeuble est ouvert à la
visite au moins cinquante jours par an dont vingt-cinq
(dimanches et jours fériés inclus) au cours des mois
d'avril à septembre inclus ou quarante pendant les mois
de juillet à septembre;
- 50 % dans le cas contraire.
Le bien n'est pas occupé et génère des
recettes
La totalité des charges foncières peut
alors s'imputer sur les revenus fonciers et, au-delà, sans
limitation, sur
le revenu global, si le bien est loué.
Si l'immeuble n'est pas loué et génère des
recettes accessoires, telles que les visites payantes, ces
recettes sont soumises au régime de droit commun après
déduction des charges telles que la rémunération du
personnel chargé de recevoir les droits d'entrée et de
guider les visiteurs et la déduction forfaitaire.
Un abattement forfaitaire supplémentaire
de 1 525 € (10 003,34 F) est pratiqué s'il n'y a ni parc ni
jardin. Il est de 2 290 € (15 021,42 F) dans le cas
contraire.
Le bien est occupé et génère des recettes
Dans ce cas, les charges foncières qui se
rapportent à la partie de l'immeuble dont le propriétaire se
réserve la jouissance sont imputables en totalité sur le
revenu global.
Quant aux autres charges, liées notamment
au droit de visite ou à l'occupation partielle, elles sont
prises en compte pour la détermination du revenu net
foncier. En cas de déficit, celui-ci vient s'imputer sans
limitation sur le revenu foncier.
Si le bien est ouvert à la visite, il est
admis que la fraction correspondant à l'ouverture est égale
à 75 % du total des charges, les 25 % restants revenant au
propriétaire qui les déduit directement de son revenu
global.
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Obligations à respecter
Pour être considéré comme monument
historique, le bien doit être répertorié en tant que tel.
Deux options sont possibles.
L'immeuble est soit
- classé monument historique, cette
décision de classement est du ressort et du ministère de
la Culture et de celui l'Environnement
- inscrit à l'Inventaire Supplémentaire
des Monuments Historiques (ISMH)
C'est cette seconde procédure qui est
souvent mise en oeuvre lorsque l'immeuble ou la partie
d'immeuble concernée ne justifient pas le classement.
Cette procédure plus légère concerne en
fait les biens qui présentent un intérêt historique ou
artistique suffisant pour que l'on entreprenne des démarches
pour leur préservation.
Procédure de classement
Qu'il s'agisse de la procédure de
classement ou d'inscription à l'Inventaire supplémentaire
des monuments historiques, une démarche administrative est
nécessaire.
Celle-ci peut être engagée par
- un particulier
- une association
- un maire
- un parlementaire.
Attention : ce n'est qu'à partir du moment
où le classement ou l'inscription est effectif que le
détenteur du bien bénéficie des avantages fiscaux prévus en
faveur des monuments historiques.
Obligations des propriétaires
A partir du moment où le bien est classé ou inscrit,
celui-ci est placé sous l'étroite surveillance du ministère
de la Culture. Il ne peut plus être démoli, déplacé ou
transformé, en tout ou en parties sans l'accord préalable de
ce ministère. Il en est de même en cas de don, de vente ou
de legs.
Quant aux possibilités d'expropriation,
elles ne peuvent s'effectuer qu'après consultation de ce
même ministère.
Mise en
œuvre des travaux
Si l'immeuble est classé, les travaux de
rénovation ne peuvent débuter qu'après autorisation. De
plus, ils doivent se dérouler sous le contrôle de
l'Administration. Dans certains cas, ils bénéficieront du
contrôle technique du service des Monuments historiques. Le
dispositif est un peu moins strict pour les biens inscrits à
l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
Avant toute démolition, déplacement,
modification ou rénovation, il suffit d'en avertir
l'Administration. Dans l'un ou l'autre des cas, le
propriétaire est libre de choisir l'architecte et
l'entreprise susceptibles de mener à bien l'opération de
rénovation
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Allégement des droits de succession
L'exonération des droits de succession est possible même
si l'héritier n'appartient pas à la famille du détenteur.
Nécessité d'une convention
L'exonération est, toutefois, subordonnée à la
souscription par les héritiers, donataires ou légataires
d'une convention à durée indéterminée avec les ministères de
la Culture et des Finances.
Obligations à respecter
Cette convention doit mentionner la désignation du bien
ou des parties de biens bénéficiant de la protection des
Monuments historiques, elle doit énumérer les biens meubles
et immeubles pouvant prétendre au bénéfice de l'exonération
et indiquer les différents engagements que les ayants droit
doivent respecter, à savoir
- maintien sur place des éléments du décor figurant dans
la convention
- modalités d'entretien du bien
- information du public et conditions d'accès des
visiteurs (dans ce cas, les lieux doivent être ouverts au
public au moins cent jours par an, dont les dimanches et
jours fériés, d'avril à octobre inclus, avec quatre-vingt
jours au moins durant les mois de juin à septembre).
Sans ces divers éléments, la convention est caduque et
les avantages fiscaux liés aux droits de succession
supprimés.
On notera également que, depuis 1995, l'exonération des
droits de succession est étendue également aux monuments
historiques détenus par l'intermédiaire de SCI dès lors que
les revenus de la société sont imposés, entre les mains des
associés, dans la catégorie des revenus fonciers.
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Justificatifs à fournir
Pour bénéficier de ce régime fiscal de faveur, vous
devrez, au moment du dépôt de votre déclaration, joindre à
cette dernière les déductions opérées au cours de l'année.
N'oubliez pas non plus de joindre au moins la première
fois l'avis de classement ou d'inscription du bien concerné.
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