
Les particuliers qui souscrivent au capital
de sociétés nouvelles, constituées à compter du 1er janvier
1994, ou au capital de sociétés en difficulté faisant
l'objet d'un plan de redressement, peuvent déduire de leur
revenu imposable dans une certaine limite, tout ou partie de
leurs pertes en capital, en cas d'échec de leur entreprise
dans les 8 années qui suivent sa constitution ou sa mise en
redressement.
Nouveautés
A compter de l'imposition des revenus perçus en 2003, ce
dispositif est aménagé sur 2 points :
· la loi Dutreil augmente, pour les souscriptions effectuées
à compter du 1er janvier 2003, les plafonds de déduction de
15 250 € à 30 000 € pour les personnes seules et de 30 500 €
à 60 000 € pour les couples soumis à imposition commune,
· d'autre part, la loi de finances rectificative pour 2002 a
assoupli les modalités de déduction des pertes en capital
subies par les créateurs d'entreprises. Les contribuables
peuvent, à compter de l'imposition des revenus perçus en
2003, déduire leurs pertes de leur revenu global à compter
de l'année au cours de laquelle intervient le jugement
ordonnant la cession de l'entreprise, sans devoir attendre,
comme c'était le cas auparavant, que la procédure soit
définitivement achevée.
Les personnes physiques sont autorisées à déduire de leur
revenu global une somme égale au montant de leur
souscription au capital d'une société soumise à l'impôt sur
les sociétés créée à compter de 1994 (ou ayant, à compter de
la même année, réalisé une augmentation de capital dans le
cadre d'un plan de redressement ordonnant la continuation de
l'entreprise, même si l'entreprise a été créée avant 1994),
si cette société se trouve en cessation de paiement dans les
huit ans qui suivent sa constitution (ou dans les huit ans
qui suivent la date du plan de redressement). Ce montant,
diminué des sommes récupérées par le contribuable, est
déductible dans une certaine limite variant en fonction de
la composition du foyer fiscal et de la date de la
souscription.
Conditions d'application
Sociétés nouvelles
Les sociétés nouvelles doivent :
· avoir été créées à partir du 1er janvier 1994,
· être soumises à l'impôt sur les sociétés,
· remplir les conditions relatives à l'exonération des
entreprises nouvelles (CGI, art. 44 sexies), c'est-à-dire :
- exercer exclusivement une activité industrielle,
commerciale, artisanale ou relevant des BNC pour les
sociétés nouvelles constituées à compter du 1er janvier
1995,
- la société ne doit pas être détenue directement ou
indirectement pour plus de 50 % par d'autres sociétés. Pour
les souscriptions effectuées depuis le 1er septembre 1998,
les participations détenues par les organismes de
capital-risque (SCR, SDR, SFI, FCPR, FCPI) ne sont pas
assimilées à des participations d'autres sociétés,
- la société ne doit pas avoir été créée dans le cadre d'une
concentration, d'une restructuration, d'une extension
d'activités préexistantes ou pour la reprise de telles
activités. Pour les souscriptions effectuées depuis le 1er
septembre 1998, la société peut avoir été créée par voie
d'essaimage (c'est-à-dire constituée par les membres du
personnel d'une entreprise, dont ils reprennent le plus
souvent une activité en vue de la développer, et avec son
soutien financier qui peut revêtir la forme d'un prêt à taux
privilégié ou d'une souscription en numéraire au capital de
la société créée) ;
· et se trouver en état de cessation des paiements dans les
huit ans de leur création.
Sociétés en difficulté
Les sociétés en difficulté, quelle que soit la date de leur
création, doivent :
· être soumises à l'impôt sur les sociétés,
· exercer une activité industrielle, commerciale ou
artisanale, ou, pour les versements effectués depuis le 1er
janvier 1995, une activité agricole,
· avoir procédé, à compter du 1er janvier 1994 à une
augmentation de capital dans le cadre d'un plan de
redressement organisant la continuation de l'entreprise,
· et, enfin, se trouver en état de cessation des paiements
dans les 8 ans suivant la date du plan de redressement.
Absence de condamnation du contribuable
Le contribuable ne doit pas avoir été reconnu responsable
des pertes sociales par une condamnation à l'une des peines
prévues par les dispositions de la loi n° 85-98 du 25
janvier 1985 modifiée, relative au redressement et à la
liquidation judiciaires des entreprises.
Modalités d'application
Montant de la déduction
La somme déductible est égale au montant de la souscription
après déduction éventuelle des sommes récupérées.
La déduction est opérée dans la limite annuelle de :
· pour les souscriptions effectuées avant le 1er janvier
2003 :
- 15 250 € pour les contribuables célibataires, veufs ou
divorcés,
- 30 500 € pour les couples soumis à une imposition commune,
· pour les souscriptions effectuées depuis le 1er janvier
2003 :
- 30 000 €, pour les contribuables célibataires, veufs ou
divorcés,
- 60 000 €, pour les couples soumis à une imposition
commune.
Année d'imputation
La déduction est effectuée, en principe, l'année au cours de
laquelle intervient la réduction de capital, la cession de
l'entreprise ou la clôture des opérations de liquidation
judiciaire.
Toutefois, depuis le 1er janvier 2003 et pour les jugements
intervenus depuis le 1er janvier 2000, la déduction peut sur
option expresse du souscripteur peut être anticipée. Elle
peut être opérée à compter de l'année au cours de laquelle
intervient le jugement ordonnant la cession de l'entreprise,
en l'absence de tout plan de continuation ou prononçant sa
liquidation judiciaire.
Pour obtenir cette déduction anticipée, les contribuables
doivent en faire la demande expresse. Cette option devra
concerner tous les titres de la société détenus par un même
actionnaire, en bloc. Cette option devrait résulter de
l'indication des pertes sur la déclaration n° 2042.
Dans ces cas, l'imputation de la perte pourra être remise en
cause dans trois cas :
· en cas d'infirmation du jugement ou de résolution du plan
de cession ; cette reprise aura lieu au titre de l'année au
cours de laquelle intervient cet événement ;
· si le dirigeant est pénalement condamné pour agissements
frauduleux, postérieurement à la déduction de la perte qu'il
a subie en tant qu'actionnaire ; cette reprise aura lieu au
titre de l'année de la condamnation ;
· au cas où l'actionnaire recevrait en contrepartie des
titres pour lesquels il a exercé l'option, des sommes ou
valeurs ; celles-ci seront imposables au titre de l'année au
cours de laquelle elles sont reçues, quel que soit le
montant des cessions réalisées.
Non-cumul avec d'autres avantages fiscaux
La déduction des pertes en capital n'est pas autorisée pour
les souscriptions qui ont ouvert droit à l'un des avantages
fiscaux suivants :
· la déduction des intérêts d'emprunt pour souscrire au
capital d'une société nouvelle ou d'une société créée pour
racheter votre entreprise,
· l'exonération de l'aide de l'Etat aux demandeurs d'emplois
ou aux bénéficiaires du RMI qui créent ou reprennent une
entreprise,
· la déduction au titre des souscriptions effectuées dans
les SOFICA,
· la réduction d'impôt dans les DOM-TOM,
· la réduction d'impôt au titre de l'investissement dans le
capital de PME non cotées.sauf, pour les souscriptions
effectuées à compter du 1er janvier 1996. Pour les
souscriptions effectuées à compter de cette date, un
contribuable, ayant bénéficié de cette réduction d'impôt,
peut demander, pour une même souscription, l'application de
la présente déduction. Dans ce cas, une reprise de la
totalité des réductions d'impôt, obtenues pour cette même
souscription, est pratiquée au titre de l'année de la
déduction.
Déclaration n°2042 C
Ces sommes doivent être portées sur la déclaration n° 2042 C
: - ligne CB pour les souscriptions effectuées avant le 1er
janvier 2003 et ouvrant droit à une déduction limitée à
15 250 € pour les contribuables célibataires, veufs ou
divorcés, 30 500 € pour les couples soumis à une imposition
commune, - ligne DA pour les souscriptions effectuées depuis
le 1er janvier 2003 et ouvrant droit à une déduction limitée
à 30 000 €, pour les contribuables célibataires, veufs ou
divorcés, 60 000 €, pour les couples soumis à une imposition
commune. Le contribuable doit joindre à sa déclaration de
revenus : - la copie du reçu de sa souscription en numéraire
au capital initial ou à l'augmentation de capital de la
société,
- la copie, selon le cas, du jugement qui autorise la
réduction de capital, du jugement de clôture des opérations
de cession de l'entreprise ou du jugement de clôture des
opérations de liquidation judiciaire,
- la copie du jugement arrêtant le plan de redressement
organisant la continuation de l'entreprise, le cas échéant.
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